Du haut de ses 7 ans
Elle ne comprend pas vraiment
Ce qu’il vient faire ici
Ce qu’il fait dans son lit
Elle se souvient encore
Comme elle pleurait dans la nuit
Son souffle sur son corps
Pourquoi l’a-t-il trahi ?
Qu’on lui explique…
Qu’a-t-elle donc fait
Pour mériter d’être la pute de son père ?
Elle a tellement souffert
Qu’on lui explique…
Qu’a-t-elle donc fait
Pour mériter qu’on lui vole son enfance
Qu’il la viole en silence ?
Qu’a-t-elle fait à cet homme
Fier dans son rôle de père
N’entrant pas dans les normes
Comme de nombreux pervers…
Tout détruire par ses mœurs
En plein cœur de la nuit
Voir son père en chaleur
Est-ce que cela s’oublie ?
C’est de sa faute à lui…
Qu’on lui explique…
Qu’a-t-elle donc fait
Pour mériter d’être la pute de son père ?
Elle a tellement souffert
Qu’on lui explique…
Qu’a-t-elle donc fait
Pour mériter qu’on lui vole son enfance
Qu’il la viole en silence ?
Ici sous couvert de silence, il a brisé sa vie
Lui a volé sa chance, fait preuve d’ignominie
Derrière ces gestes infâmes, des enfants, des victimes
Derrière ces actes barbares…. des crimes.
Du haut de ces 20 ans
Elle ne comprend pas vraiment
Ce que devient sa vie
Ce qu’elle va faire ici
Avec ce passé pourri
Qui l’a tellement détruit…
Qu’on lui explique…
Qu’a-t-elle donc fait
Pour mériter d’être la pute de son père ?
Elle a tellement souffert…
Qu’on lui explique…
Qu’a-t-elle donc fait
Pour mériter qu’on lui vole son enfance
Qu’il la viole en silence,
Qu’il la viole en silence ?
« On ne pouvait pas l’imaginer »
« On ne pouvait pas y penser »
« Ça n’arrive qu’aux autres »
Mais qui peut bien être l’autre ?
Ça a été moi,
Ça aurait pu être toi,
Un voisin, un parent,
Un ami ou ton enfant…
Arrêtons de se leurrer
Avec ces fausses vérités !
Parce que non, ça n’arrive pas qu’aux autres
Ou alors, ils sont nombreux, les autres.
Comment peut-on changer les choses ?
Comment peut-on prendre conscience
Des horreurs parfois cachées sous les apparences ?
Faut-il passer par ces moments atroces
Pour s’avouer leurs existences ?
A bien y réfléchir,
On ne s’attend jamais au pire.
Si j’avais pas vécu l’inceste,
Me serai-je sentie menacée
Par ce fléau que je déteste ?
Voilà pourquoi il faut en parler,
Voilà pourquoi il faut le dénoncer.
Voilà pourquoi il faut informer,
Y s’agit pas de devenir parano,
Mais de prendre conscience de ces maux,
Parce que tant qu’on dira que ça n’arrive qu’aux autres,
Ce sera quelqu’un qui souffre, cet autre.
Alors, parlons en à n’en plus finir,
Même si pour ça, on s’époumone.
Crier jusqu’à ce qu’on puisse dire
« Ça n’arrive plus à personne »
Dans quel monde étrange vivons-nous ?
Pourquoi ces maux qui viennent de partout
Mais que peu de personne écoute ?
Chaque victime lutte coûte que coûte
Mais les séquelles sont nombreuses
Et me semblent un peu trop onéreuses.
Pourquoi tant de silence
Autour de nos souffrances ?
Faut-il, à ce point, qu’elles deviennent visibles
Pour qu’aux yeux de tous, elles soient compréhensibles ?
Pourquoi devoir payer le prix
D’un crime que d’autres ont commis ?
Pour beaucoup, notre douleur semble anodine,
Pensent-ils qu’elle se soigne comme une angine ?
Leur compréhension est-elle si limitée
Ou bien ne se sentent-ils pas concernés ?
La société encourage l’égoïsme,
Quelle place alors pour les victimes ?
Notre souffrance se doit d’être reconnue,
Aux yeux du monde, elle doit être vue,
C’est trop facile de nous demander d’aller mieux
Sans avoir pris le temps de nous prendre au sérieux.
Bien sûr qu’on veut s’en sortir et aller bien,
Mais on ne peut pas avoir vécu ça pour rien.
Je voudrai qu’on comprenne nos difficultés,
Et qu’elles soient, un minimum, acceptées.
Je pense que ça pourrait m’aider,
Qu’ainsi je pourrai les surmonter.
Simplement besoin de reconnaissance
Pour envisager une renaissance…
Est-ce trop demandé ?
N’a-t-on pas assez payé ?
Pour moi la pauvre enfant
Que j’n’ai pas pu aider,
Il arrive le moment
Où j’peux y arriver.
Et puis pouvoir dire non,
Enfin, enfin le dire.
Pour respirer à fond,
Me soulager du pire.
Tu m’as fait trop de tort
Tu m’as mis à genou.
Comme aujourd’hui t’es mort
Qu’est ce que j’risque après tout ?
Tu n’avais pas le droit, papa !
Mais tu m’as fait du mal ce jour là,
J’avais pas demandé ça
Et y a eu d’autres fois malgré moi !
Tu n’avais pas le droit, papa !
Mais tu m’as fait trop mal ce jour là,
Tu m’as coupé la voix
Et t’as pris du plaisir, là, papa !
Aujourd’hui par victoire
Je peux émettre des sons
Et pour la première fois
Pouvoir oser dire non !
Parce que je n’ai plus peur
De t’regarder en face
De voir avec horreur
Que t’étais dégueulassse.
Si tu savais, papa,
Le mal que tu m’as fait
Parce qu’un jour tu osas
Honteusement me violer !
Tu n’avais pas le droit, papa !
Mais tu m’as fait du mal ce jour là,
J’avais pas demandé ça
Et y a eu d’autres fois malgré moi !
Tu n’avais pas le droit, papa !
Mais tu m’as fait trop mal ce jour là,
Tu m’as coupé la voix
Et t’as pris du plaisir, là, papa !
Tu n’avais pas le droit, papa
Mais j’ai pas eu le choix,
Tu n’avais pas le droit !
Pour tout le mal que tu m’as fait,
Les séquelles que tu m’as laissées,
J’te déteste, mauvais père !
Que t’es souffert dans ton existence
N’excuse en rien c’que’t’as fait d’mon enfance,
Une atroce souffrance,
Une terrible errance !
J’te déteste, mauvais père !
M’avoir donné la vie
N’te donnait pas le droit d’en jouir !
Comment t’explique ces gestes que tu m’faisais faire,
Comment t’expliquent ceux que tu faisais à un corps d’enfant,
Au corps de ton enfant ?!
J’te déteste, mauvais père !
Tu m’as enfermée dans ta perversité,
Mon corps séquestré dans tes mains d’obsédé,
Ma voie étouffée sous tes mots que je croyais,
Ma vision déformée par ce que tu m’as fait endurer.
J’te déteste, mauvais père !
T’as profité de mon ignorance !
T’as sali mon insouciance !
T’as trahi ma confiance !
T’as noirci mon enfance !
J’te déteste, mauvais père !
Tu t’es bien amusé de mon petit corps
Livré à ta merci,
T’as bien manipulé mon jeune esprit,
Malléable à ta guise.
Tu pensais p’t’être qu’ça m’laisserait pas de séquelles ?
Tu pensais p’t’être qu’avec ce vécu ma vie serait belle ?
J’te déteste, mauvais père !
Mais tu t’en es peut-être rendu compte ?
C’est peut-être ça qui t’as fait creuver ?
T’as pas pu le supporter,
Lâche jusqu’au bout t’as préféré la fuite ?
J’te déteste, mauvais père !
C’est toi le coupable, papa,
Coupable de m’avoir abusée, violée, incestuée,
Coupable de la vie blessée que tu m’as laissée,
Coupable des errances que j’ai du surmonter,
Coupable au-delà de ta mort,
Coupable des maux de mon corps,
Coupable de ma féminité enfermée,
Coupable de ma sexualité handicapée !
J’te déteste, mauvais père !
Mais, moi, je suis en vie,
J’me suis battue pour rester ici.
J’vais plus te laisser m’étouffer,
Si y faut, ma haine je l’hurlerai.
J’te laisserai plus me faire du mal
Parce qu’en fait, c’est pas moi qui suis sale.
Un jour, j’guérirai des séquelles laissées
Et j’continuerai d’avancer
Vers la paix et le bonheur mérités,
Vers la joie et la sérénité espérés.
Mais jamais je n’oublierai
Le pervers que tu étais.
J’te déteste, mauvais père
JE TE DETESTE !!!! TU ENTENDS COMME JE TE DETESTE ?
JE TE DETESTE !!!!!!!!!!!!